À retenir
- Angelo Tonolli rapproche une hausse municipale envisagée puis abandonnée à Abbeville d’une hausse décidée par la CABS ; les deux collectivités gardent des budgets et des recettes distincts.
- Dire qu’une hausse est « exceptionnelle » ne précise pas si les taux reviendront ensuite à leur niveau antérieur.
- Le souhait de faire davantage contribuer les résidences secondaires est explicitement formulé dans le procès-verbal du 30 avril 2026.
- Les effets de cette orientation varient selon la structure du parc immobilier et doivent être documentés commune par commune.
Les explications publiques d’Angelo Tonolli sur la fiscalité de 2026 rapprochent trois sujets : la situation financière d’Abbeville, la hausse des taux intercommunaux et la contribution des résidences secondaires. Pour les comprendre, il faut distinguer ce qui est dit, ce que les documents établissent et ce qui reste à mesurer.
Abbeville et la CABS : deux décisions rapprochées
Dans une vidéo consacrée à la taxe foncière, Angelo Tonolli explique qu’une hausse d’environ sept points avait été envisagée pour la fiscalité communale d’Abbeville, puis abandonnée. Il rapproche cette décision de la hausse votée à la CABS.
Cette présentation peut donner aux Abbevillois l’impression que l’effort a été déplacé de la commune vers l’intercommunalité. Il faut cependant distinguer les deux budgets : les documents ne démontrent pas un transfert direct de recettes de la CABS vers la Ville d’Abbeville. La question porte plutôt sur la manière dont les deux décisions sont mises en relation dans la communication publique et sur la répartition réelle des dépenses intercommunales.
Dans sa présentation du budget 2026, la CABS évoque un besoin de 13 millions d’euros et trois leviers : 8 millions de recettes fiscales supplémentaires, 5 millions d’emprunt et des économies de fonctionnement. Ces chiffres éclairent la justification avancée pour la hausse, mais ne répondent pas à eux seuls à la question de la répartition des dépenses entre les communes et les services intercommunaux.
« Exceptionnelle » : une hausse sans date de retour ?
Le président qualifie l’augmentation d’« exceptionnelle » et indique qu’il ne faudrait pas augmenter de nouveau les impôts l’année suivante. Ces deux propositions ne signifient pas la même chose : ne pas relever encore les taux en 2027 n’équivaut pas à revenir à ceux de 2025.
Dans les déclarations et pièces examinées pour cet article, aucun calendrier chiffré de baisse ni critère de retour aux taux antérieurs n’est indiqué. Le caractère temporaire de la hausse reste donc à préciser ; il ne peut être tenu pour acquis ni pour impossible.
Résidences secondaires : une orientation assumée
Le procès-verbal du conseil communautaire du 30 avril 2026 rapporte la volonté de « faire davantage contribuer les résidents secondaires ». Angelo Tonolli souligne également que les élus du littoral seront particulièrement exposés aux réactions.
Il s’agit d’un choix politique explicite, justifié par l’exécutif notamment au nom du logement permanent. Ses effets dépendent toutefois du nombre de résidences secondaires et des bases fiscales dans chaque commune. Pour les mesurer, il faut des données locales plutôt que des généralités sur le littoral.
Trois questions restent donc ouvertes : quelle est la répartition effective de l’effort entre catégories de contribuables ? Quand les taux seront-ils réexaminés ? Et selon quels critères la CABS décidera-t-elle de les maintenir ou de les réduire ?
Sources
- Procès-verbal du conseil communautaire de la CABS du 30 avril 2026
- Ville d’Abbeville, « La taxe foncière expliquée par le Maire », 22 avril 2026
- CABS, présentation du nouvel exécutif et de la situation financière, 9 avril 2026
- CABS, « Budget 2026 : ce qui change pour vous »
- Transcription de la vidéo d’Angelo Tonolli consacrée à la fiscalité 2026.
